Voix Citoyennes

CRISE SÉCURITAIRE AU BURKINA : À QUEL JEU JOUENT LES POLITICIENS ?

Il y a de cela 4 ans que le Burkina Faso fait face à une réalité nouvelle dans son agenda, les attaques terroristes. Ces attaques ont redoublé d’ampleur au cours de cette année 2019, semant chaos et désolation. Chaque jour qui passe, l’incertitude et  l’inquiétude se lisent sur tous les visages. L’hydre terroriste gagne du terrain. La lecture du tableau humanitaire donne froid au dos. Des milliers de populations abandonnent champs, cheptel et commerces.  Les populations dans les régions sous le feu des incidents s’entredéchirent. Ouagadougou, la capitale, frappée en plein cœur plusieurs fois par la horde, a enregistré sa première vague de déplacés internes au mois de juin dernier. Aujourd’hui, aucun lieu n’est sûr et rassure. Les digues de la nation sont entrain de céder. Pendant ce temps,  les politiques s’accusent mutuellement sur la paternité du malheur en lieu et place d’un langage d’unisson contre le mal.  À quel jeu jouent-ils  est bien évidemment la question qui taraude l’esprit du citoyen lambda. Lire la suite

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Des  déplacés internes, copyright lefaso.net

Ouagadougou: Le canal de l’université, un scandale environnemental et sanitaire à ciel ouvert.

 Le canal de l’université Pr Joseph Ki-Zerbo ou de Zogona (quartier de la ville de Ouagadougou) long de plusieurs kilomètres devient au fil des années un dépotoir sauvage de déchets de tout genre. Réalisé en 2001 dans le but de faciliter l’évacuation des eaux pluviales, il traverse le quartier 1200 logements, l’université pour se jeter au Parc urbain Bangr-Weogo. Le constat au niveau de la partie universitaire est tout contraire à l’assainissement. L’action humaine a fait du lieu non seulement un agent de destruction de l’environnement mais aussi d’exposition de la population riveraine à des maladies.

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Stagnation d’eaux usées dans le canal de l’université

Des toilettes publiques de l’université déversent leur contenu dans le canal. L’eau usée en vue sur la photo ci-dessus est une composée d’excretas, d’urines, de sachets plastiques, de pneus etc. Le canal joue en même temps les rôles de fosses septiques, de station de stockage des eaux usées, d’évacuation d’eaux de pluies mais surtout de poubelle. Un spectacle digne des plus grands bidonvilles ! Hélas, nous sommes bel et bien dans une université, la plus grande du pays.

Tout comme un phénomène normal, la vie universitaire se poursuit…

En cohabitation parfaite avec l’odeur nauséabonde du « four tout ». Des étudiants préparent leur devoir sous les arbres qui bordent le canal. D’autres constituent des groupuscules de causeries. Des fous rires se font entendre. Tout va bien, c’est le « Ya fohi ».

Mieux, une vie économique se développe autour.  Des citoyens ont trouvé en cette eau fétide, une solution palliative au difficile accès à l’eau, pour leur métier, le jardinage. Ce cocktail d’eaux usées sert d’eaux d’arrosage pour les plants et fruitiers des jardiniers installés dans le lit du canal.

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Eaux usées du canal qui servent d’eaux d’arrosage pour les plants des jardiniers

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Pompage de l’eaux usées pour les activités de jardinage

Le plus ahurissant se trouve devant. Le spectacle est hollywoodien.

En voyageant à travers ce détroit pestilentiel, on bute sur un petit pont. Ce dernier est le corridor d’exutoire des eaux dans le parc urbain de Bangr-weogo.  Ce parc est en quelques sortes, le poumon vert de la capitale du pays sahélien qu’est le Burkina. Les images au niveau de cette « frontière » parlent d’elles-mêmes.

Un village de déchets plastiques y est né. Ces déchets opposent une résistance farouche au passage de l’eau. Cette dernière se déverse et stagne sur le côté Ouest du canal. Elle y attend un secours heureux, une main providentielle pour dégager de sa voie les ordures mais rien n’y fait. C’est du « Ya fohi » que les humains lui envoient en guise de réponse.

Le petit couvert végétal se dégrade au fil des mois et des années. C’était ainsi depuis plusieurs années. Mais depuis 2015, la violence contre l’environnement s’est accrue dans cette zone. Les coups sont nombreux et de plus en plus retentissants.

Pour les travaux de bitumage de la voie passant devant l’hôpital Yalgado, les Caterpillar y ont enfouis leur « dent » pour arracher les arbres qui longeaient le bitume.  Un véritable carnage environnemental sans aucun frisson dans le cœur.

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Une marée de déchets plastiques créant un engorgement au niveau du pont reliant le canal au parc Bangr-weogo

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Plage de stagnation d’eau au niveau du petit couvert végétal, côté Ouest du canal

Bon gré mal gré, une quantité d’eaux arrivent à imposer un « cédez le passage ».

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Au niveau du pont reliant le canal au parc Bangr-weogo, côté Bangr-weogo

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Exutoire des eaux dans le Parc Bangr-Weogo

Et ce n’est pas tout. Le voyage se poursuivra avec les  nouveaux amis, les déchets plastiques et ses collègues.

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Constat dans le parc bangr weogo suivant le trajet naturel du canal

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Engorgement des déchets plastiques et autres dans le Parc Bangr-Weogo

Toute cette réalité, non nouvelle, se trouve à quelques jets de pierres de  l’Institut International de l’Eau et de l’Environnement(2IE). Plusieurs étudiants de cet établissement continental  d’étude des sciences de l’environnement et de l’assainissement ont mené des travaux d’études sur l’assainissement et plus précisément sur  les canaux d’évacuation des eaux de la ville de Ouagadougou (exemple de rapport ). C’est encore à quelques pas de piétons de l’Unité de Formation et de Recherches des Sciences de la Santé (UFR/SDS), et même du Centre pour l’Etude de la Protection de l’Aménagement et de la Promotion de l’Environnement de Ouagadougou (CEPAPE).

Ces institutions ont-elles fait leur part ? Est-ce les décideurs politiques qui n’arrivent pas à traduire en actions les politiques d’assainissement et de protection de l’environnement ? ou est-ce juste les conséquences d’un comportement réfractaire à la salubrité de la population ?

En attendant d’avoir des réponses adéquates à ces interrogations, ce canal à l’état actuel est un nid favorisant le développement des moustiques, garantissant en espèce sonnantes et trébuchantes le vecteur du paludisme et de la dengue, les deux maladies les plus mortelles du pays.

Dans une capitale sahélienne comme Ouagadougou qui s’étouffe dans la poussière et la chaleur, se dégrade rapidement et obstinément au vu et su de tous, l’environnement qui est un trésor à protéger et entretenir.

Harouna DRABO

Milieu scolaire : la salubrité et l’hygiène en souffrance.

Malgré les nombreux efforts consentis pour la propreté de la ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, l’insalubrité semble opposer une peau dure. Des tas d’immondices apparaissent à chaque coin de rue dans la plupart des quartiers de la ville. Les établissements scolaires sont de plus en plus gagnés par le manque de propreté.  La salubrité, une matière éducative, semble être absente dans le curricula de formation des établissements scolaires. L’insalubrité règne et le spectacle est pestilentiel. Constat.

Des déchets plastiques çà et là, défécation à l’air libre, des toilettes impraticables, c’est le constat fait ce samedi 16 novembre 2019 au lycée Philippe Zinda Kaboré, l’un des plus grands établissements scolaires du Burkina Faso.

Le long du mur Est du lycée semble être devenu l’habitat privilégié de sachets plastiques, papiers et de débris de nourriture en putréfaction. Ces déchets vont souvent tutoyer les portes des salles de classe et cela ne semble gêner personne. C’est rocambolesque, une poubelle presque vide à la porte d’une salle de classe, mais des sachets plastiques jonchent autour.  D’ailleurs, à quelques pas, un dépotoir sauvage d’ordures. Haro !!

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Ordures Mur Est du lycée Philippe Zinda Kaboré

 Le comble, les toilettes sont quasi impraticables. Tristement célèbres grâce à leurs odeurs nauséabondes.  Les excréments et l’urine vous souhaitent la bienvenue dès l’ouverture de la porte. Conséquence,certains élèves, poussés par l’envie pressante de se soulager, défèquent, à cœur joie, ou peut-être pas, dans la cour.

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Toilettes du lycée Philippe Zinda Kaboré et excréments dans la cour

 

 

À  des milliers de  mètres de là, au lycée Bogodogo, la vue n’est pas plus reluisante. Comme dans le précédent établissement, il semble que certains élèves ont du mal à quitter les habitudes de la vie à l’état sauvage. Un élève est surpris là, en pleine séance « pipi » à côté du mur. Un comportement réfractaire à l’hygiène.

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Élève entrain d’uriner sur le mur à quelques mètres des toilettes praticables

Mais ici, ce ne sont pas les toilettes qui sont répulsives. Elles sont même relativement plus propres. De l’eau pour se laver les mains, est même proposée dans des bouilloires aux usagers de ces lieux.

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état  des toilettes au lycée Bogodogo

Par contre la propreté de la cour laisse à désirer. C’est à croire que le défi  ici est « qui se moque le plus de l’insalubrité ». Le bac à ordures  est plein et personne n’est là pour la vider. Le vent ramène les sachets plastiques et autres détritus dans la cour. Tout le monde observe passivement ce mal qui semble être aujourd’hui quelque chose de normal. « Depuis le début de l’année, une seule journée de salubrité et les ordures ont été enlevé qu’une seule fois aussi » affirme un élève.

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Bac à ordures et tas d’ordures de tout genre autour au lycée Bogodogo

Dans de pareilles situations, enseignants et élèves peuvent s’accuser mutuellement. Mais ce serait une perte de temps, chaque camp trouvant des arguments pour faire porter le chapeau à l’autre. La question ici, c’est que faire ?

Certains établissements de la  place ont trouvé la formule pour stimuler l’engagement écolo chez les élèves. Axiale, ancienne élève du collège Notre Dame de Kolghnaba nous apprends l’existence d’un club de civisme dans cet établissement. Les tâches de nettoyage sont reparties par classe. Et des mesures dissuasives étaient prévues contre les potentiels contrevenants, continue-t-elle. Enfin, un prix de l’élève le plus civique, convoité par tous, était donné chaque année, termine-t-elle.

La propreté est un élément essentiel à enseigner dans les établissements scolaires. C’est le début de la discipline et de la rigueur, deux valeurs clés dans la vie de l’apprenant.  Les élèves sont « l’élite de demain » comme le burkinabè lambda aime bien les appeler. Ils doivent donc apprendre tôt à être propres autours d’eux. C’est un luxe qui ne coûte rien.

Harouna DRABO

 

 

 

Leurres et malheurs des personnes handicapées dans l’accès aux soins de santé

Le Burkina Faso a ratifié en juillet 2009, la convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH). L’une des recommandations majeures de cette convention est la fourniture des services de santé gratuits ou d’un coût abordable mais aussi de qualité et adaptés aux besoins spécifiques des personnes handicapées. Les dispositions de la convention fut  internalisé par l’adoption de la loi N°012-2010/AN du 1er avril 2010 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées. Près d’une décennie après, le constat sur le terrain n’est pas reluisant. Pas d’avancée notoire. Ce, malgré plusieurs engagements renouvelés des autorités du pays. De leur accès aux services sanitaires à la lutte contre les grandes pandémies comme le VIH/SIDA, ils demeurent des laissés pour compte. Une violation silencieuse des principes d’équité et des droits humains. Pourtant le président du Faso a promis de « ne laisser personne au bord de la route ». Lire suite

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Moscou, le nouveau courtisan de la fille aînée de l’humanité : L’AFRIQUE

Les lampions du premier sommet Russie-Afrique se sont éteints le jeudi 24 octobre à Sotchi, la célèbre ville balnéaire située à 1170 km au sud de Moscou. Un sommet de trop pour une Afrique au nombreux courtisans, sans cesse croissant. On a déjà eu les sommets France-Afrique, États-Unis d’Amérique-Afrique, Japon-Afrique, Inde-Afrique, Chine-Afrique, Turquie-Afrique. Pas d’effets extraordinaires ni de raisons valables qui donnent à saliver pour une nouvelle proximité avec un nouveau courtisan. « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » résonne de plus vrai, lorsque tout un continent de 54 pays dans une démarche déconcertée est un invité de marque d’un seul, bardé de son statut influent.

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Photo de famille du sommet de sotchi , copyright ecowas

Pour une première, c’est une belle réussite. Cette rencontre qui se tient à près de 10.000 km des limites de l’Afrique, a regroupé plus de chefs d’Etat que le dernier sommet de l’union africaine à Niamey. Malgré l’ordre du jour historique du conclave panafricain de Niamey, avec au cœur des discussions la signature de l’accord de la Zone de libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF), juste une trentaine ont répondu présent. Cette semaine à Sotchi, plus de 40 présidents africains étaient autour de Poutine. Bien évidemment, on a le droit de se poser la question si l’avenir du continent se joue ailleurs et mieux par d’autres acteurs que les africains eux-mêmes?.

Moscou veut désormais se tailler une place de choix dans un espace sous influence traditionnelle des pays occidentaux.

L’Afrique, c’est un marché d’ 1,2 milliards de consommateurs. Aucune puissance ne veut rester en marge de cette opportunité d’affaire. D’autant plus qu’il y a une expression de besoin dans tous les domaines. Le niveau actuel d’échange entre le continent et le pays de Lénine est très faible, environ 20 milliards en 2018. Pendant que ses alter-ego comme la Chine est à 200 milliards, l’Union Européenne 275 milliards (le top 5 des partenaires commerciaux de l’Afrique). Si l’empire du milieu est dans un positionnement d’approvisionnement en matière première et de marché d’écoulement de ses biens de consommation, le retour du Grand Ours dans le berceau de l’humanité est principalement pour la belle opportunité de décrocher de juteux contrats militaires. C’est le domaine dans lequel, sans difficultés, elle peut disputer le leadership avec les autres puissances étrangères déjà présentes.

L’environnement s’y prête. L’Afrique des rebellions de maquis est tenaillée aujourd’hui par une nouvelle épidémie plus hideuse, les attaques terroristes. Ces attaques ont mis à nu la vulnérabilité des armées africaines. La coopération militaire avec les occidentaux n’est plus sous de bons auspices. Un climat de méfiance et défiance souffle dans l’air. La société civile de plus en plus forte, demande la cessation des accords de défense avec l’Occident. Moscou avec sa réputation d’anti-occidentaux bénéficie d’un capital sympathie. En outre, un potentiel protecteur contre toutes ingérences extérieures des alliés de l’OTAN dans un pays sous la justificative de démocratie à l’agonie ou de violation des droits de l’homme. Les épisodes ivoiriens et libyens sont encore frais dans l’esprit des dirigeants africains. C’est le bon moment pour la Russie de mettre en exergue le marketing réseau de ses offres en armements, de formations et renseignements militaires. Le continent ne représente que 13% de ses exportations de matériels militaires dans le monde.

Un préalable d’opération séduction a été effectué en amont. La Centrafrique a servi d’espace d’expérimentation de son retour. Elle y mène à succès la reconstruction de son armée depuis 2017. L’agent des services de renseignements russes, Valery Zakharov est couronné par le poste de conseiller en sécurité du président centrafricain Faustin Archange Touadera. En mars 2018, Serguei Lavrov, ministre russe des affaires étrangères visite l’Angola, la Namibie, le Mozambique, le Zimbabwe et l’Éthiopie. Le renforcement de la coopération militaire et de sécurité constitue la chorégraphie principale de son ballet diplomatique dans ces palais présidentiels. Dans cette partie du continent, Moscou joue sur un terrain familier. Elle est intimement liée à l’histoire de décolonisation de ses États dans les années 60.

Le « cocktail » de Sotchi est une officialisation du retour. Une tribune de charme pour convaincre les plus sceptiques et réticents. En dehors de débouchés économiques pour ses industries d’armements et d’énergies, avoir des relations séculaires avec les Etats africains solidifient son influence géopolitique et stratégique dans le concert des nations unies. L’Afrique, c’est 1/4 des votants à l’ONU.

L’Afrique, toujours dans l’éternelle infantilisation. L’adulte qui préfère se faire biberonner tout en refusant malgré son âge de prendre ses responsabilités.

En Russie, c’était une nième course au clocher des dirigeants africains pour répondre à l’invitation d’une grande puissance du monde. L’an dernier, c’était autour de la Chine de les inviter, les écouter et  leur soumettre les conditions de son aide au développement. Nul n’est hostile dans ce contexte de mondialisation à un partenariat multiple avec d’autres États du monde. Le président du Faso, un fidèle des grands rendez-vous internationaux a d’ailleurs déclaré « on ne peut nous denier le droit de pouvoir diversifier nos partenaires (…) ce sont nos intérêts que nous suivons ». Mais la multiplicité de partenaires ne veut pas dire forcement diversité. Qu’est-ce que la Russie propose de nouveau que les autres n’ont pas encore fait ? La réponse à cette question mènera vers une autre qui est de savoir l’impact palpable et palpitant des partenariats avec le reste du monde dans l’émergence du continent. Le maître d’ouvrage de la construction du continent ne peut qu’être les africains eux-mêmes. L’Afrique d’aujourd’hui et de demain sera l’œuvre des africains. Au micro de Radio France internationale à Sotchi , Jean Claude Gnakosso ministre des affaires étrangères du Congo-Brazaville soutient que « l’Afrique aspire ardemment au développement , elle saisit toutes les opportunités qui lui sont offertes dont celle-ci ». Mais quel est l’agenda des Africains pour l’Afrique ? Car chaque puissance en a une. Aucune puissance ne fait de la charité internationale. L’agenda 2063 conceptualisé par l’union africaine, qui projette la vision de « l’Afrique que nous voulons » a du mal se réaliser sur le terrain. Les réticences de certains États comme le Nigeria à signer l’accord de la Zone de libre-échange continentale en sont une.

Pour la résolution des défis inhérents à son existence, les États africains s’accommodent plus à la coopération avec l’extérieur. Cette fuite de responsabilité est à l’origine de la déliquescence actuel au sahel. Sans une remise en cause et repli sur ses propres capacités a répondre à ses devoirs, l’espace africain demeurera une scène de jeu des puissances du monde.

Harouna DRABO

Terrorisme au Sahel: se focaliser sur le « tout militaire » est une réponse superficielle.

L’année 2019 est marquée par une montée vertigineuse des attaques terroristes dans le Sahel. Le Burkina Faso et le Mali ont été les plus touchés au cours du dernier semestre de l’année. Les attaques se multiplient. Le phénomène n’est plus une maladie propre aux états du G5Sahel. Il y a un grand un risque de contagion des états côtiers de la sous-région ouest africaine. C’est pour palier à cette urgence pressante, que la  Communauté Économique Ouest Africaine a tenu un sommet extraordinaire le 14 septembre dans la capitale burkinabè. Au cœur  des échanges, l’amélioration de la coordination sécuritaire entre pays membres. La réponse militaire est la plus mise en avance. Alors que  se focaliser plus sur celle-ci sans un regard critique sur les causes profondes  reviendrait à tourner  en rond, à faire du surplace.

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Les chefs d’État de la CEDEAO rassemblés à Ouagadougou pour le sommet extraordinaire sur la sécurité, samedi 14 septembre 2019. © DR / Cedeao

Les régions en proie à des attaques djihadistes sont des zones qui bénéficient de peu d’investissement socio-économique (rapport oxfam Afrique de l’ouest, juillet 2019). L’état y est faiblement représenté. En témoigne la rareté des services publics de base comme les centres de santé, les écoles, les forces de sécurité. Les opportunités professionnelles pour les jeunes sont très faibles. L’activité économique principale est l’élevage, qui est touchée de plein fouet  aujourd’hui par les  effets du changement climatique. Cette situation socio-économique fait naître le sentiment de marginalisation et de frustrations sociales  chez  les populations locales. Elles se sentent délaissées, abandonnées par le pouvoir central. Les frustrations sociales vont de crescendo. Par son absence, l’état est vu comme un prédateur et non un protecteur. L’ensemble de ces facteurs  constitue  un terreau favorable pour les groupes djihadistes. Ils tiennent un discours d’endoctrinement tout en faisant croire  à la construction d’une société juste et équitable par le fait de se rebeller. Dès lors, la radicalisation est perçue comme une révolution pour la naissance d’un ordre nouveau. Le phénomène prend un ancrage local au sein des communautés. Au vu de ces faits, répondre à ce « guérilla  » par un accent sur la bataille militaire équivaut à soigner une plaie sans prendre le soin d’en extraire le pus, elle ne cicatrisera pas.

Sans réponse adéquate aux urgences socio-économiques dans la zone, le bruit des canons n’arrivera pas à bout du mal. Le calme précaire sera toujours troublé par l’oraison funèbre des attaques terroristes. Il faut préciser que  les groupes djihadistes se sont enduis de l’idéologie du djihad. Un subterfuge pour faire de la zone un « far West » total afin de mieux mener leur business de contrebandier. « Où fleurissent les groupes djihadistes, fleurissent les trafics de tout genre » disait le journaliste et écrivain Serge Daniel dans son livre « Les Mafias du Mali, trafics et terrorisme au sahel« . Plus cette bande de trafiquants étend ses tentacules dans une zone, la dessoucher devient une tâche de mammouth. Car une nouvelle dynamique socio-économique y voit le jour.

Pour parler sans fard, il faut dire que pavoiser dans le traitement « tout militaire » sans une résolution orienter vers la construction du durable  structurel, serait juste se flagorner.

Soigner les racines du mal sera de commencer par la réalisation et renforcement de la présence de l’état.  Cette présence de l’état devra se manifester par l’effectivité de ses services régaliens : l’éducation, la santé, la justice,  l’emploi, la sécurité etc.

La communication est l’arme la plus efficace en situation de crise socio-sécuritaire. Et  encore plus  dans celle que nous impose les djihadistes au sahel. La horde de hors-la-loi  recrute sur  un fond de discours unilatéraliste. Le repère et le remède contre  ses discours d’endoctrinement et de radicalisation, résident dans  le développement  d’une communication de masse qui informe, mobilise et véhicule les valeurs de la diversité culturelle, du dialogue et d’appartenance à une nation. Le manque de dialogue inter-communautaire, de promotion du pluralisme culturel et des idées sont une passerelle fluide  pour les thèses  des djihadistes.

Pour vaincre, il faudrait qu’on commence par couper le phénomène de ses raisons de succès.

Harouna DRABO

Koudougou : La corvée d’eau demeure omniprésente

Garantie par la Constitution, chaque citoyen burkinabè a droit à l’eau potable. Cette eau doit être accessible au plus à 1000m du domicile de l’habitant ou du ménage, disponible (au moins 20 litres par personne et par jour) et enfin de qualité. C’est loin d’être le cas à Koudougou, 3e ville du Burkina Faso, située dans la région du centre-ouest, à 90 km de la capitale Ouagadougou. Lire suite 


L’engagement du Président du Faso

 

 

 

 

 

 

 

Promouvoir les droits de la jeune fille

Faire connaître les droits des jeunes filles, comprendre la nécessité de son respect, démontrer son impact dans la croissance inclusive et de développement durable est la mobilisation citoyenne que nous avons organisé du 22 au 25 Avril à Bani dans la région du sahel. Cette campagne de communication s’est déroulée dans le cadre du programme Acte4Africa de Make sense . Make sense est une communauté internationale de citoyens, d’entrepreneurs et d’organisations pour résoudre des défis sociaux et environnementaux.

Visuel de la mobilisation citoyenne

Au Burkina, 52% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Elles sont des milliers à subir avec désolation la violation de leurs droits à l’éducation et à l’enfance. Plus de 52% des filles sont mariées avant 18 ans au Burkina. Cette campagne de communication se déroulant par l’organisation de cadre de concertation et dialogue intergénérationnel , projection-débats , animation de focus group, avait pour but d’inciter un changement social à travers la promotion de l’égalité des chances, gage d’une croissance inclusive. Car le phénomène de mariage précoce et de déscolarisation limitent les perspectives d’avenir de la jeune fille et freinent la marche vers le développement durable.

Les activités se sont menées avec l’implication des autorités coutumières et religieuses. Elles sont les meilleures voix écoutées et respectées par la population en milieu rural. Avec leur soutien, les activités ont connues une grande participation des chefs et mères de famille.


« Après avoir suivi le documentaire, je comprends que nos filles aussi peuvent soutenir la famille tout comme le garçon si elles obtiennent les mêmes chances comme ce dernier », témoignage du quadragénaire Hama Amadou , père de quatre (04) jeunes filles et de sept garçons.

Des points focaux pour la continuité de la sensibilisation des ménages furent installés dans la localité, parmi eux des enseignantes ,autorités coutumières .

Elles aussi ont le droit de se construire et se réaliser …

Harouna DRABO

À la jeunesse algérienne : Après ta révolte, fait ta révolution

Dans une lettre prêtée à Abdel Aziz Bouteflika, président grabataire à la tête de l’Algérie depuis 1999, l’opinion nationale et internationale a appris avec pas grande surprise le rétropédalage de l’ex Moudjahidine du Front de Liberation Nationale.

Bouteflika, très rabrougrit par son accident vasculaire cérébral ne tient plus les manettes du pays. Il est lui même un otage de ses affidés , qui, il faut le dire, veulent toujours continuer de jouir impudiquement des privilèges et ressources du pays. Sont de ceux là les Ould Abbès, Secrétaire général du FLN , Nacer et Saïd (frères du président) , les tout-puissants ministres Bedoui, Lamamra et autres

De la « Une si longue lettre » attribuée à Bouteflika , l’analyse qui se dégage, comme il fallait s’y attendre, c’est d’ailleurs les us et coutumes des longs règnes, les courtisans et tentacules essaient d’aménager un corridor de prolongement. Instaurer une pseudo transition qui a pour but ultime , faire blocus à l’alternance générationnelle. Le changement dans la rupture d’avec l’ordre ancien donne des cauchemars à ces auteurs, complices des crimes politiques et économiques très funestes.

À la Jeunesse algérienne de maintenir la pression et ouvrir l’oeil, surtout le bon. Il n’y a de pire sort qu’une révolte au goût inachevée. La volontaire populaire est un changement de système, pas de personne. Croire que ce gouvernement au moyen d’âge de 61 ans abdiquera suite à quelques Haro ! est un mirage.

Les promesses mirobolantes sur « l’assise des fondations d’une nouvelle république, un nouveau système de gouvernance qui aura pour acteur la nouvelle génération  » à travers une conference nationale, l’instance d’élaboration et d’adoption des réformes sont des stratagèmes pour préparer un dauphin, assurance d’un changement dans la continuité.

« L’Algérie de Paix,de sécurité, de quiétude, de réconciliation nationale  » érigé en enseigne publicitaire dans le bilan partiel et partial des deux décennies de règne Bouteflika se consolide dans le respect strict des principes de la démocratie, pas dans le renouvellement des meubles de l’oligarchie.

Il faut rouvrir le champ des futurs possibles en Afrique

« L’Afrique n’a personne à rattraper »

À l’aube du biennal du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO), édition cinquantenaire, une meilleure aubaine pour vous recommander #Afrotopia de l’universitaire sénégalais Felwine Sarr, Agrégé d’économie.

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Affiche officielle du FESPACO 2019,copyright fespaco,com

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